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Texte No 6 : Acte III, Scène 5 de le Prince : « tu te plains donc… » à Arlequin « …cela mérite quelque chose. »

Discussion entre le Prince et Arlequin

 

 

Introduction :

Ce texte est extrait de la cinquième scène du troisième acte de la double inconstance de Marivaux. Silvia, une paysanne a été enlevé par un Prince qui veut l’épouser mais elle aime un paysan, Arlequin. Flaminia dirige un stratagème qui vise à séparer Silvia et Arlequin. Pour cela, Silvia n’a d’abord que eu affaire aux serviteurs. Elle a vu le Prince mais déguisé sous un officier du palais. Au fur et à mesure de la pièce, Silvia s’écarte d’Arlequin (Sc 9) et se rapproche des moeurs de la cour. Elle tombe amoureux d’un officier du palais qui n’est autre que le Prince. Arlequin, lui se rapproche de Flaminia mais refuse toujours d’abandonner Silvia, il rencontre le Prince pour le convaincre. Il est au début de la scène agressif et impertinent et quand le prince se dévoile, il se calme un peu.

Dans ce passage, Arlequin donne une leçon de moral politique au Prince. En effet, malgrès le fait qu’il sont éloignés l’un de l’autre, Arlequin réussit à ébranler le Prince en lui parlant franchement. Cette leçon se déroule en quelques grandes phases. Les arguments d’Arlequinsemblent plus efficaces que ceux du Prince. Les didascalies le montrent.

Le texte étudié se compose de 4 parties :

_ Le rappel du rapt de Silvia. Arlequin garde mémoire de l’injustice. Ce rapt donne une image négative du prince par une réalité violente.

_ Puis, Arlequin parle de morale : en demandant une justice identique pour tous, icompris pour lui.

_ Le Prince mla à l’aise tente de répondre mais maladroitement.

_ Arlequin continue son discours.

 

  1. Le rappel de l’enlèvement
  2. _ La description du rapt fait penser à un passage de la bible, du livre de Samuel : quand David enlève et épouse la femme de son général.

    _ Il le décrit de manière pathérique, en employant des termes violents, « jetez », « arrachez », le prince appaît comme un prédateur.

    _ Il s’appuye sur l’antithèse entre le roi et le pauvre.

    _ Il décrit le rapt de manière très simple. Il utilise le présent qui est le temps des fables, des paraboles, c’est aussi un présent de vérité générale.

    _ Il finit son histoire par une question réthorique qui ébranle le Prince qui ne sait pas quoi répondre et ne veut avouer qu’il a tort « il a raison et ses plaintes me touchent ».

    _ Il donne du prince une image de générosité, cette perfection qui est la sienne est gachée par Arlequin. C’est le seul qui est contre mais il suffit d’un pour tout gacher. C’est un argument très fort.

    _ Le prince réagit très mal, en compensant la qualité par la quantité,  « je t’offre tous les biens que tu pourras souhaiter ». C’est de la corruption, il tente de corrompre Arlequin. Cela montre le décalage morale qu’il existe entre les deux personnages.

     

  3. Leçon de morale :
  4. _ Il joue le rôle de Samuel qui conseille et fait la morale à David, ici au Prince. Il fait d’abord son récit puis il l’assimille au Prince, c’est une démarche très judicieuse.

    _ C’est un syllogisme : L’injustice appelle la punition, ce que confirme le prince, cous avez commis une injustice, donc vous êtes puni. Il fait comme un avocat tfeerait un pladoyer, par la force de la logique. L’hypothèse… « or »… « donc »… C’est un raisonnement incontestable.

    _ Il utilise pour renforcer son discours la réthorique : des questions réthoriques auxquelles il répond lui même sans laisser au prince le temps de répondre, des impératifs, « disons », « voyez ». Il employe la force de persuasion.

    _ IL prône l’égalité de tous qui fait la léitimité du Prince et le bon fonctionnement d’un régime. Le roi, comme les autres est infèrieur à la justice.

    _ Le prince une fois de plus ne sait pas quoi répondre « que lui répondre ? » il laisse Arlequin diriger la conversation.

    _ Ce qu’il fait est très risqué, il décide pour le Prince, parle à sa place. Il est l’acteur qui joue le Prince pour que celui-ci puisse se voir et ainsi se juger.

    _ Il fait un monologue à la place du Prince.Une fois de plus, son raisonnement est innataquable à cause de sa logique, « parce que », « puisque », « si », « donc ». Il fait une délibération interne par une succession de courtes et directes questions réthoriques et aboutit à une conclusion irréfutable  « J’ordonne donc que je lui rendrai Silvia ».

     

  5. La réponse du Prince :
  6. _ Le Prince est pris au piège car il ne paeut aligner d’argument contre ceux d’Arlequin, il se sent tout de même obliger de répondre pour ne pas perdre la face et tenter d’être respecter.

    _ Il utilise un argument d’autorité en rappellant son statut de Prince. C’est un rappel à l’ordre nuancé.

    _Cependant, il dit ne pas être tyran et espère pour cela de la reconnaissance. C’est un argument faible.

    _ Il est enervé, en témoigne la reprise de « je » et le rythme ternaire gradé  « je m’interresse…je cherche…je descends ». Il s’abaisse progressivement au niveau d’Arlequin.

    _ C’est presque pathétique.Il veut faire apparaître Arlequin comme un ingrat en se basant sur les autres, sur « tout le monde » (X2). Mais l’exemple des courtisans flatteurs ne tient pas.

    _ Il finit sa tirade sur « docilité » qui est un appel à l’autorité voir à la tyrannie qu’il réfutait en début, il se contredit.

     

     

  7. Suite de la morale et conclusion :

_ Arlequin reprend le Prince très justement sur son argument des courtisans flatteurs. Il accuse le Prince d’être soumis à la flatterie. En effet, il remarque judicieusement que les gens mentent par intérêt ce qui est la définition du courtisan.

_ IL dénonce l’aveuglement du Prince qui ne voit plus où est la justice et qui risque ainsi de devenir un tyran. Sa morale prend ici une dimension politique.

 

 

Conclusion :

Le language est très important et le verbe « dire » n’a pas le même sens pour Arlequin et le Prince. En effet, si le premier l’employe dans le sens de prétendre, le second l’utilise dans le sens d’admettre. Le prince voit dans le language un moyen de corruption, de pression, « exhorte », « blâme ». Alos que Arlequin le voit pour dire la justice et être clairvoyant.

Selon Arlequin, le respect du Prince implique la défense de son droit, ce qu’il fait ici. Il propose la réciprocité, la balance, il le respecte mais il veut quelque chose en échange, un respect mutuel. L’Etat est le miroir du peuple, il existe une union etre les deux ; Le Prince est semblable au peuple.

Cependant, si on continue la pièce, on voit que Le Prince a tout de même obtenu Silvia que Arlequin lui a laissé.