Texte No 5 : Acte III, Scène 1 l’ensemble de la scène.
Flaminia et le Prince : les deux stratèges.
Introduction :
Ce texte, extrait de la double inconstance de Marivaux est extrait de la première scène du troisième acte de la pièce. Silvia, une paysanne a été enlevé par un Prince car celui-ci veut l’épouser, mais elle aime un paysan, Arlequin. Les serviteurs du palais, dirigé par Flaminia tentent de les séparer par différents stratagèmes. Silvia n’a pas vu le Prince directement mais elle est tombé amoureuse d’un officier du palais qui n’est autre que le prince déguisé. De même, Flaminia tente de charmer Arlequin
Dans cette scène, le Prince et Flaminia font état de leurs stratagèmes, de ce qu’ils ont fait et de ce qui erstent à faire. C’est une sorte de bilan d’une part et des prévisions d’une autre part. C’est en quelque sorte une petite mise au point de l’action.
Le language du Prince est celui de l’amour et des entiments car il est fou amoureux de Silvia. Par contre, Flaminia a un language stratégique et plus réaliste. Il serait donc intéressant d’étudier l’opposition entre ces deux languages.
_ Elle exerce son autorité vis à vis du prince, c’est elle qui a conduit tout le stratagème en donnat même des ordres au prince.
_ « oui », « faire » : elle veut agir, mettre en place la stratégie dont elle est la maîtresse.
_ Elle lui rappelle d’emblée que cet amour n’est que le fruit d’un jeu, qu’on y est arrivé pas à pas, de manière réaliste, en opposition à la vision idéaliste de l’amour vu par le Prince.
_ Elle donne des justifications pour l’avenir « ce retardement ne gate rien », « confirmer dans le penchant qu’elle a pour vous », elle reste méfiante et pas trop optimiste « malgrè…tendre. ».
_ Face à cela, le Prince n’apporte rien dramatiquement, Il a une fonction purement expressive, exclamative, « Ah ! Flaminia, qu’elle est aimable ».
_ Flaminia le ramne tout de suite sur terre, « elle l’est infiniment. »
_ En opposition à la duplicité que Flaminiautilise dans toute la pièce et même le prince a certain moent, cette tirade montre très bien son unicité dans son amour pour Silvia.
_ Il la compare aux autres femmes « je ne connais rine comme elleparmi les gens du monde ».
_ Il abaisse les autres femmes pour élever Silvia. « à force d’amour » : ennui expérience, « plaisir » : satisfaction, Dom Juan qui se plait avec toutes les femmes tellement il en a eu. Les noms « fadeur », « ennui » mettent en valeur Silvia.
_ Le prince met en opposition « grand plasir » et « plaisr que m"ont donné…je vous aime ».
_ L’amour de Silvia est un amour idéal, un amour de rêve, comme un trouve dans les romans et nettement supèrieur à un désir ordinaire.
_ Silvia est pour lui symbole de pureté, de naîveté, ce qu’il admire chez elle c’est son côté naturel.
_ Il rêve d’un language transparent, le language de la nature, en opposition à la culture. C’est le mythe d’une nature pure avec des sentiments spontanés.
_ Les autres femmes sont pour lui synonyme de corruption, artifice, elles sont « falsifiés ».
_ C’est la tradition des pastorales, cette absence d’éducation est prise pour une qualité naturelle.
_ Le prince fait un contresens, une erreur. En effet,ce qu’il cherche chez Silvia c’est sa pureté, or il l’a rendu impur. Il critique la culture de la cour mais avec l’aide de Flaminia, ils ont poussé Silvia a adhéreé à la culture du prince. Le prince aime chez Silvia la pureté qu’elle n’a plus par sa faute.
_ Il admire son honnêteté car elle veut rester engagé et fidèle. Il rêve d’un amour idéal, fidel, parfait mais pour y arriver, il utilise des moyens impurs.
_ Face à cette illusion, Flaminia répond en stratège, le ramenant sur terre pour lui dire que ce n’est pas fini et qu’il faut finir ce qu’ils ont commencé, que la partie n’est pas encore gagnée.
_ Assez parler, elle veut passer à l’action mais il est toujours dans son rêve, il ne peut parler. Elle tente d’interpréter et prend le dessus dans la conversation, le réduisant à quelques très courtes répliques « fort bien », « comment donc ».
_ Le problème est revenu à Arlequin. Elle ne connaît pas l’ammour idéal, c’est juste un arrangement, un jeu « pour se désennuyer dans le cours de notre intrigue ».
_ « j’ai pris du goût » : du plaisir mais en aucun cas de l’amour ou si c’est de l’amour, un amour bien faible et avec très peu de sentiment.
_ Elle parle d’une manière plus réfléchie, travaillée, ambigü « victorieus et vaincue » qui est un paradoxe. Fin de cette tirade assez grandiose.
_ Elle conclut la scène en donant des ordres au prince par des impératifs, « retirons-nous », « rejoignez ». C’est toujours elle qui mène le stratagème.
Conclusion :
Cette scène montre l’opposition entre Flaminia et le Prince. En effet, celle-ci est réaliste et ne pense qu’à son stratagème, alors que lui est idéaliste, dans son rêve, il ne pense qu’à Silvia. L’opposition se retrouve aussi au niveaus de la notion de l’aour. Si Le Prince en a la même définition que Arlequin, à savoir un amour naturel et idéal, Flaminia en a une idée proche de celle de Silvia.
Ainsi, c’est à partir de cette scène, que la scission entre le couple est définitf. A partir d’un couple, deux couples ont été formé, c’est la double inconstance.