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Texte No 1 : Acte I, Scène 1  de « Voyez, depuis 2 jours…… » jusqu’à  la fin de la scène.

Trivelin et Silvia : le choc de deux mondes.

 

 

Introduction :

Ce texte, extrait de la double inconstance de Marivaux est extrait de la première scène de la pièce. C’est la scène d’exposition. Silvia, une paysanne a été enlevé par un Prince car celui-ci veut l’épouser, mais elle aime un paysan, Arlequin. Elle n’a pas encore vu le Prince mais elle a affaire a ses serviteurs dont Trivelin à qui elle se plaint et qui essaye de la réconforter.

Ce texte même s’il fait partie de la première scène n’est pas qu’une exposition. En effet, à travers ce dialogue, Marivaux met en opposition deux mondes, celui de la cour et celui de la campagne. Trivelin représente le premier et Silvia le second. Chacun défendant son point de vue.

Il est composé de 4 parties :

_ Une tirade de Trivelin : qui est basé sur l’impératif « voyez », Trivelin y décrit non pas le prince mais tout ce qu’il donne : le luxe, les biens, les signes d’une position siociale, le faste intermédiaire qui doit la séduire.

_ Un premier dialogue : la colère de Silvia redouble. Trivelin n’a pas l »initiative. Ces quelques répliques montrent que Trivelin est décontenancé et aboutissent à la longue tirrade de Silvia.

_ Une tirade de Silvia : elle exprime sa colère pour Trivelin et sa plainte pour Arlequin.

_ Un second dialogue : dans lequel Trivelin reconnaît son échec.

Il est plus intéressant d’étudier les tirades et les comparer, les dialogues ayant surtout une valeur dramatique.

 

  1. Opposition entre les deux tirades :
  2. cour:

    campagne :

    Trivelin

    Silvia

    imprécis, embelli

    "le nombre"

    "4 ou 5"

    concret, abrupte

    splendeur

    "femmes"

    "fainéantes"

    inutiles, décor

    service

    "qui sont à votre suite"

    "m'espionnent"

    prison, agressivité, violence

    "honneur"

    "dédommagement"

    coupable

    "les amusements"

    "cette musique…danse"

    lourd, péjoratif, (iste latin)

    effort, généreux

    "on tache de vous procurer"

    "on croit me régaler"

    illusion

    matériel

    "ce que donne le prince"

    "Arlequin"

    humain

  3. La tirade de Trivelin :
  4. Si on analyse conscieusement la tirade, on peut voir que tout ce que dit Trivelin n’est qu’artifice :

    _ Il est très posé, il y a beaucoup de pnctuation. C’est un texte recherché, comme une argumentation, il utilise beaucoup la réthorique.

    _ Il y a des questions réthoriques : « n"êtes vous pas servi ? »

    _ Trivelin a recours à des énumérations doublées de gradations selon un rythme ternaire.  « Voyez les honneurs qui vous sont fait, le nombre de femmes qui sont à votre suite, les amusements qu’on tâche de vous procurer. » Les propositions sont de plus en plus longue.

    _ Marivaux exagère la réthorique par l’accumulation de figures de style en un très court texte.

    _ La phrase finale est une parodie des phrases qui ferment les discours, (comme « va, cours, vole et nous venge » le Cid), C’est la closule avec un rythme ternaire.

    _ Trivelin a des clichés sur le Prince, des idées toute faites, sans opinion personnel.

    _ Le vocabulaire « honneurs », « nombre de femmes » il donne plus d’importance au quantitatif qu’au qualitatif, il étale les richesses du prince.

    _  « qu’est ce qu’Arlequin au prix d’un prince plein d’égard ? ». Le prince et Arlequin semble être des marchandises.

     

     

  5. La tirade de Silvia :
  6. _ Par opposition, le language de Silvia est beaucoup plus cru et direct, elle ne cache pas ce qu’ellle veut dire et n’use pas d’artifice pour convaincre Trivelin, les méthodes sont totalement opposées.

    _ Elle donne beaucoup plus d’importance au qualitatif, « bourgeoise contente…appartement ». Elle se base sur des proverbes, c’est une tournure proverbiale.

    _ Elle accumule les propositions pour décrire Arlequin. Cela montre son impatience, son exaspération.

    _ Elle utilise beaucoup la voie négative, ce qui montre sa tristesse.

    _ Elle insiste dans la seconde partie de la tirade, elle insiste sur la proximité qui lalie à Arlequin et qui est l’extrème opposé des fastes de la vie à la cour, dans le monde du prince.

    _ elle critique la cour au profit d’Arlequin « Arlequin chantait mieux que tout cela ». Arlequin est mis sur le même plan que tout cela, elle oppose les choses aux personnes.

     

  7. Comparaison entre Arlequin et Le Prince vus par Silvia :

    1. Les sentiments de Silvia pour Arlequin :
    2. _ Elle en est amoureuse

      _ Anaphore de « pauvre » qui montre son attendrissement, son attachement pour le malheureux Arlequin. Elle a pitié. « pauvre enfant » a une connotation maternelle.

      _ Elle est inquiète quand elle en parle. Nombreuses exclamatives et interrogatives.

      _ Elle utilise un vocabulaire hypocoristique (de la tendresse). Elle utilise le pronom possesif de la première personne « mon ».

      _ La tendresse est très forte, il semble que l’amitié entre les deux est très fort. Mais est-ce réellement de l’amour ?

      _ Il est décrit dnas une action, dans l’immédiat : « Arlequin chantait mieux ».

    3. Les sentiments de Silvia pour le Prince :

_ Par opposition, le prince a des attributs qu’on lui rajoute, un titre, la jeunesse, l’amabilité, on le remplit d’amour, mais ça n’a rien de personnel, ce n’est que des artifices que les gens lui ont mis.

_ « tendre », « jeune et aimable », c’est de l’ironie, en effet, il l’est mais ce n’est pas ce qui est important pour Silvia.

_ Elle reste objective. Cependant, elle ne critique pas le Prince.

 

Conclusion :

Dans cette scène d’exposition, Marivauxexprime d’entrée son opinion et le message qu’il veut faire passer. Pour cela il critique la cour et ses artifices à travers Trivelin et vante la campagne et son aspect vrai et naturel à travers Silvia.

Celle-ci semble aimer Arlequin mais pas d’un réel amour, la seule chose qui semble la séparer du Prince est l’opposition des deux mondes. Elle reste nuancée, en ne critiquant pas le prince et en ne louant pas Arlequin. La situation reste ambigü.