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Chapitre 1:

 

Introduction:

La scène se passe à Rouen que Jeanne quitte pour la campagne.

L'exposition est très efficace, les personnages, Jeanne et le baron, y sont présentés.

Maupassant nous montre les volontés du père pour l'éducation de sa fille et l'amour réciproque qui existe entre eux.

 

Le Plan:

l 1-13: Le projet du père et son portrait

l 14-34: Le portrait de Jeanne

l 35-36: Retour avec les deux personnages

 

1/ Le Père

Le père se veut philosophe éducateur, il est "Disciple de Jean-Jacques Rousseau", il a conçu un projet d'éducation pour sa fille basé sur les bienfaits au sein de la nature. On verra donc:

- sa volonté

- les moyens employés pour la réussite du projet

 

1/ La conception du projet

Le baron a réfléchi intensément à son projet, d'où l'emploi du verbe: "méditait". D'entrée de jeu, Maupassant nous montre l'abstraction du projet avec le nom "theorie", on devine qu'il ne s'adapte pas à l'évolution de l'enfant. Il y a donc un jugement implicite du narrateur (limite du naturalisme) qui nous annonce que le projet va echouer.

Le père a un réel plaisir de construire sa fille (mythe de Pygmalion) comme le montre le verbe "faire"

L'adjectif indefini intense "tout" nous montre l'enthousiasme du père pour l'éducation de sa fille. Maupassant énumère les épithètes qui nous montre la volonté ("voulant") du père, il veut que Jeanne aie:

- le bonheur: la recherche (comme Rousseau): "heureuse"

- la vertu: "bonne,adroite"

- le coeur: "tendre"

Le bonheur est bien entendu la conséquence des trois autres.

Le baron veut en fait développer le bonheur de son environnement.

 

2/La réalisation du projet

Le baron a prévu le passé et l'avenir de Jeanne.

            a-L'enfance et l'adolescence

A part l'exercice de sa volonté, Le père n'a qu'un rôle d'organisateur, l'éducation est abandonnée aux autres:

- "Jusqu'à 12 ans": à sa "mère", ce qui rappelle le gynécée grec

- "après 12 ans": Jeanne est confiée au "Sacré-Coeur"

Pour marquer la réclusion, Maupassant utilise une assonance en "é": "il l'avait tenu sévèrement enfermée, cloitrée, ignorée".

Ces trois participies passés énoncés en rythme ternaire nous montre que le père veut préserver Jeanne physiquement et moralement. D'où le participe présent: "ignorante" qui reprend le terme et nous montre que, comme le dit Rousseau, Jeanne doit rester loin des autres hommes qui corromptent et bien-sûr de la sexualité, "les choses humaines". Mais l'adjectif "ignorante" qui nous rappelle la chasteté ("chaste") de Jeanne nous promet déja que sa vie sera un échec.

            b-Le baron s'octroie un rôle d'éducateur

Le baron prévoit une éducation caractéristique des aristocrates qu'il va pouvoir compléter.

Il adopte donc une démarche expirémental: Jeanne devra découvrir "l'aspect de l'amour". Ce projet a bien entendu lieu dans la nature, on en retrouve le champ lexical avec "les champs", "la terre", "les animaux". C'est donc la faune et la flore qui doivent instruire la vie de Jeanne. La procréation a alors lieu selon les lois de la nature, on en retrouve le champ lexical: "fécondée", "amour", "tendresse".

Les deux infinitifs "ouvrir" et "dégourdir" scandent la phrase. Le complement d'objet direct est suivi de trois complements du nom dispose en rythme ternaire qui nous montre le projet du père: la découverte de l'amour par les animaux et donc l'éveil à la vie. Il veut réveiller sa fille ("ouvrir") et lui redonner vie, "degourdir".

Le baron croit en fait aux lois de la nature originelle, "simple", "sereine" et "naif", il est rousseauiste. Il a d'ailleurs un rôle privilégié dans l'éducation comme le montre le pronom "lui-meme" et le sujet "il". C'est lui qui agit par les verbes infinitifs et non Jeanne.

La métaphore de l'alchimie, "tremper dans un bain" nous rappelle le cote experimental de l'education, du metal, il veut la transformer en or.

On observe en fait le rôle du père qui veut éveiller sa fille.

            c-Le narrateur anonyme exprime implicitement son jugement

De part le caractère excessif de la description et des expressions comme "une sorte de" qui invitent le lecteur à prendre du recul, le narrateur quitte un peu l'objectivité.

En parlant de "poesie raisonnable", or, on sait quela raison tue la poesie, Maupassant dément la réussite d'un tel projet et appelle le projet de l'héroïne et son portrait.

 

2/ Le Portrait de Jeanne

Au moment de la narration, Jeanne nous apparaît comme elle sort du couvent, c'est donc un premier résultat de l'éducation obtenu au Couvent.

 

1/ Portrait moral

La nature semble déjà éveillée en Jeanne, elle est "radieuse" et m^me comparée à la nature dans une métaphore, elle est "pleine de sève".

Jeanne est en plus pleine de désir et avide de surprise comme le montre ses "appetits". Ses désirs sont vastes, traduits par l'adjectif indéfini: "toutes les joies". Le monde du sentiment est bien entendu connoté dans le mot "joie".

Cette impatience s'oppose au "serein", Maupassant énumère les résultats espérés dans un rythme saccadé et les causes dans une gradation: "le désoeuvrement, la longueur, la solitude", passant du rythme ternaire au rythme binaire.

Maupassant utilise en fait differents substantifs abstraitss pour désigner l'ennui, "la longueur", "le desoeuvrement", "la solitude". Mais, comme on le voit, Jeanne s'ennuyait tellement au couvent qu'elle en faisait des insomnies ("nuit"). L'opposition "jours"-"nuits" nous montre que Jeanne souffrait tout le temps.

Elle etait donc portee vers l'imagination et "l'esperance". L'adverbe "deja" nous montre au passage que le pere est pris de cours dans son programme.

La cuiosite nous montre donc un echec partiel du projet du pere.

 

2/Le portrait moral

            a-Un air impressionniste

Le portrait est éclairéé par les lumières: "luisant", "deteint", "ombre", "soleil" et les couleurs comme le "blanc", le "pale", le "blond", le "rose" et le "bleu opaque".

Avec le champ lexical des imprecisions, Maupassant nous donne l'impression de l'impressionnisme: "semblait", "nuancee", "sorte de", "aurait dit" (conditionnel). En comparaison, le portrait est caracterise par sa difficulte d'approche.

Enfin, le portrait est animé par le mouvement et son champ lexical: "caressait", "geste familier", "ondoyante de la taille", "portrait".

            b-Le portrait réaliste

En bon réaliste, Maupassant a composé son portrait et n'a choisi que certains détails.

Le portrait est donc organisée, de bas en haut, il dépeint ensuite l'attitude puis le comportement.

Maupassant a procédé à un choix de détails selon la technique réaliste:

- pour les "cheveux", il retient la couleur

- son visage est "pâle", ce qui rappelle les critères de beauté aristocrates au XIXeme siecle

- le "bleu" des yeux nous montre une beaute classique.

Mais Maupassant a également choisi des details pejoratifs:

- le "blond deteint"

- Jeanne a un léger "duvet" et quelques "poils" au menton

- les grains de beauté sont placés précisément: "sur l'aile gauche de la narine".

Pour la silhouette, il nous rappelle qu'elle est "grande", comme Maupassant, c'est une nageuse.

Elle a des traits sensuels, comme le fait qu'elle soit "mure de poitrine", ce qui s'oppose au projet de son pere tout comme sa feminite, Jeanne est "ondoyante de la taille".

En bon naturaliste, Maupassant oppose la "voix trop aigue" au "rire franc" et montre les tiques de la jeune fille, comme le "geste familier" qui reste un geste coquet "pour lisser sa chevelure"

C'est donc un portrait impressionniste qui revele le cote realiste du peintre.

 

3/ La Complicite Pere-Fille

Rien n'est compromis dans les reelations entre le pere et la fille, le passe simple nous montre la reaction positive et affectueuse de Jeanne qui apercoit son pere: "elle courut...l'embrassa" d'autant plus qu'on observe pas de froideur aristocrate dans l'éducation.

Le discours direct "eh bien, partons-nous" nous montre l'entente du pere et de la fille mais aussi la hate de la jeune fille.

 

Conclusion

Comme dans Madame Bovary, le roman se deroule en Normandie. cet extrait fait partie de l'exposition du roman. Dans la echnique d'écriture, on remarque d'un côté le réalisme et de l'autre la subjectivité mais contrairement au Pere Goriot ou au Rouge et le Noir, le jugement est implicite.