Acte III, scène 5:
Le Comte vient
de convoquer Figaro pour savoir ce qu'il pense mais Figaro a entendu la fin du
monologue du Comte...
Introduction
Figaro est en
position de force, il a entendu les pensees du Comte et est donc au courant. Le
Monologue nous a eclaire les sentiments du Comte, il veut sonder figaro ("il faut le sonder adroitement")
pour voir s'il est au courant. Figaro sait tout et peut donc se defendre. Dans
un premier temps, Figaro s'est montre motive, et, dans une tirade
impressionnante sur le God-dam, il
semble vouloir partir a Londres.
Pour la premier
fois, maitre et valet sont seuls, il n'ya pas de publique, il n'y aura donc pas
de cadeau: l'affrontement est tendu. Il est en plus situe au coeur de la piece
(apotheose).
Le Plan
l 120-153: Le
Comte perd l'assurance que l'accord de Figaro lui avait procuree.
l 153-191: Le
Comte se trouve en difficulte. A la fin, Figaro croit avoir gagne mais le Comte
s'oppose desormais au mariage.
Interet de la
scene
Le dramaturge y
gagne, il met en scene son maitre et son valet. Il veut maintenir l'interet
pour la suite des evenements. On assiste en plus au proces du Comte, a la
satyre, a un gros jeu d'aparte et au
comique. La scene est construite en symetrie (deux tirades). Alors que Figaro
travaille contre son interet, Beaumarchais travzille pour celui de la piece.
L'Affrontement
Maitre-Valet
L'affrontement
est unique: il n'y a pas de temoin, c'est un veritable reglement de compte. Le
valet: alors que dans la scene 2, Acte I, le Comte etait absent, le valet va
ici s'exciter sur son maitre en face de lui.
1/ Un affrontement sans merci
a-Le Maitre
Il utilise la
forme interrogative: "Quel motif
avait la Comtesse pour me jouer un pareil tour ?"
Il accuse sa
femme de jouer un role avec le valet.
Il reproche en
plus au valet la distance qui les separe desormais: "autrefois tu me disais tout" en rappelant leur caomplicite
d'antemps.
Il accuse meme
Figaro d'etre complice de la Comtesse: "Combien la Comtesse t'a-telle donne pour cette belle association ?".
Au passage, le COmte souligne la venalite de Figaro.
On peut
observer la forte personnalite du Comte qui fait ses reproches: le valet a
rompu la complicite. Avec la venalite et l'ironie "belle associationé, le maitre s'en prend a la presonnalite meme du
valet.
Il lui reproche
sa malhonnetete: "jamais alle droit"
en s'appuyant sur l'avis des autres "une
reputation detestable". Il se moque, de surcroit de son ignorance:
"comme l'anglais, le fond de la
langue".
On observe donc
des attaques blessantes du maitre vis-a-vis du valet.
b-Le Valet
Il repond comme
un pied d'egalite, il est touche. Il se montre donc audacieux et, l'accusant,
attaque la vie intime de son maitre: "vous
lui etes infideles". Le valet rappelle qu'il ne fait que la payer
"donnez". Il donne la lecon
a son maitre: "Sait-on gre du
superflus, a qui nous prive du necessaire".
Le valet fait
egalement des reproches a son maitre: "y
a-t-il beaucoup de seigneurs qui puissent en dire autant", s'attaquant
directement a la reputation des aristocrates qui, elle, 'est figee: ils sont
effectivement malhonnete (cf droit
honteux). Figaro ose donc juger son maitre dans sa vie privee et porte des
prejuges contre les nobles.
Il fait donc
des reproches d'ingratitudes en rappelant Le
Barbier de Seville: "Combien me
donnates-vous pour la tirer des mains du docteur". Le Comte est en
plus prevenu contre son valet puisqu'il lui "cherche des torts".
Figaro denonce
egalement le manque de respect du Comte: "n'humilions pas" et s'attaque au prejuge des nobles dans la
"politique".
c-Le Combat
Le Comte se
croyait superieur, il voulait que le valet "etudie sous lui", le valet a conquiert sa liberte
d'expression. Il ose refuser l'offre faite par le maitre: "j'y renonce", il utilise un utur
determine: "je ne serai pas"
(l 156). Il provoque son maitre en montrant l'assurance de son mariage et en
parlant de sa "femme".
Le Valet
devient maitre de son destin, il a la bonne maniere de parler.
2/Qui l'emporte ?
A la fin de la
piece, on a l'impression que Figaro a gagne. La structure du passage, la
repartition des interrogations, la distribution des repliques (de plus en plus
pour Figaro) et le mouvement du dialogue semble prouver que Figaro a gagne.
Les apartes:
"voici du neuf" (le comte)
et "a moi maintenant"
(Figaro, nous montre en plus la destablisation et la surrise du Comte devant
Figaro qui "renonce a la fortune".
Le Comte fait
en plus une tentative maladroite en devoilant son intrigue: "qui t'empecherait de l'emmener a Londres".
Mais il se
contredit et le flatte: "avec du
caractere et de l'esprit tu pourrais t'avancer dans les bureaux", il
lui propose meme d'"etudier sous lui",
se montrant pret a donner des cours particuliers.
Figaro, lui,
est au-dessus de cela mais il ment, puisqu'il avait souligne qu'il aimait
"l'intrigue et l'argent" Le
valet tient la meme position tout au long du parcours, le sentiment de defaite
du comte apparait clairement, Figaro le dit d'ailleurs lui meme: "je l'enfile et le paye en sa monnaie"..
On observe cependant un certain comique, le Comte explique en effet qu'il a
tout compris: "J'entends Suzanne m'a
trahi". Le spectateur est heureux, lui-aussi, et comprend tout.
Figaro n'a donc
pas vraiment gagne puisque le Comte sait tout, il est en fait dupe de lui-meme
et a parle contre son interet, le Comte, lui va maintenant rappeler Marceline.
L'habilete
dramaturgique de Beaumarchais
1/Pourquoi Figaro continue-t-il ?
a-La dramaturgie
Grace a
l'erreur de Figaro, l'interet du spectateur est renforce, il fallait que le
Comte soit contre Figaro, Figaro, lui, devant perdre son proces, doit
intervenir.
b-Le Comique
Beamarchais
veut faire rire le spectateur
On observe un
jeu d'echo dans les apartes, a trois reprises, , Figaro fait une parte a la
suite du Comte.
Cet effet de
symetrie donne un sentiment de superiorite au spectateur, en effet, aucun des
deux personnages ne sait vraiment ce que pense l'autre.
Beaumarchais
utilise divers procedes hablies:
La scene est
scande par l'opposition: "il veut
partir", "il veut rester"
qui annonce la scene du proces.
Le rythme
endiable, la brievete des repliques font que les presonnages ne peuvent pas
reflechir. Figaro a de l'assurance, ce qui le porte a la tirade.
c-Figaro montre son art
Figaro a une
certaine habile te polemique, il
utilise deux procedes:
- L'art de
l'esquive: il ne repond pas ("Quel
motif avait la Comtesse") et le recours a la generalite: "on arrive a tout"
- Les
oppositions: "necessaire...superflus",
"rampant...avancer"
Figaro, lui
assi, repond par des questions a deux reprises: "combien me donnates-vous ?"
"Et si je vaux mieux qu'elle".
2/La tirade et la satire
a-La Tirade
Elle commence
par des oppositions: "ignorer ce
qu'on sait, de savoir ce qu'on ignore" ou encore "entendre ce qu'on ne comprend pas, ne point
ouir ce qu'on entend". Figaro enumere ainsi sa strategie de feintes.
Au coeur de la
replique, on trouve le portrait du politique. Les rythmes binaires: "bien ou mal" ou "repandre...et...pensionner" sont
gradues vers le rythme ternaire: "amollir,
intercepter, tacher".
b-La
satire de l'hypocrisie
C'est une
satire d'ordre social, Figaro porte l'amertume du Picaro.
Pour Figaro, la
societe est une competition eternelle. Les infinitifs: "enfermer, tailler, jouer..."
traduisent en effet la fermete, Figaro insiste en plus par une enumeration de
verbes de mouvement.
Le distributif
"chacun" rend compte de
l'individualisme, on a alors une sorte de maxime: "arrive qui peut", Figaro insiste surtout sur cette loi du plus
fort, la societe est dure, il faut mener une lutte.
Gigaro veut la
recompense du merite, mais la societe ne le reconnait pas et le repousse. Il
faut donc etre "mediocre et rampant"
comme Bazile.
Figaro attaque
les grands "beaucoup de seigneurs"
et leur arrogance "n'humilions pas
l'homme qui nous sert bien".
Il dresse un
portrait assassin de l'aristocrate avec le chiasme, il denonce son ignorance:
"entendre ce qu'on ne comprend pas",
il s'attaque egalement a la fausse assurance: "pouvoir au-dela de ses forces" et au vide et a l'abscence de
ces nobles qui "cachent un grand
secret" qu'ils n'ont meme pas.
Les nobles
entretiennent en plus les traitres: "repandre
les espions" et sont malhonnetes: ils "amollissent les cachets". Le comportement de l'homme politique
est donc intrigant, c'est celui de quelqu'un d'ignard et malhonnete.
Il n'ya que
l'etre et le paraitre, ces hommes sont en effet "vides et creux". Derriere ces masques on ne trouve donc rien.
Figaro est donc
meprisant envers la politique qui n'est qu'intrigue a ses yeux.
Conclusion
On a donc un
texte tres riche. Figaro parle contre son interet, il detruit son mariage. En
fait, Beaumarchais profite de cette sccene pour faire rire le publique du brio
de Figaro et de la satire. tout se passe en plus devant le maître. L'interet
est au spectateur qui, lui, sait tout.