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Acte I, scène 10:

C'est le premier affrontement direct ente le Comte et Figaro. Le Comte est énervé depuis la scène précédente, Figaro, lui, peut enfin mettre en oeuvre sa stratégie.

 

Le plan

1-Le piège provoqué par la foule

2-La défaîte du comte

 

Le piège provoqué par la foule

Emmenée par Figaro, la foule est, apparemment, toute entière supportant le Comte, i s'agit évidemment de la stratégie de Figaro. On remarque d'ailleurs que certains personnages paradoxaux ne parlent pas:

Bazile supporte le Comte mais veut épouser Marceline

Chérubin et Fanchette n'ont pas une situation très claire.

 

1/ La foule, mise en scène de figaro, son auteur

Le valet n'arrive pas seul: "chanté en coeur", toute la foule est là pour le soutenir. Figaro a en fait mis un choeur à son service, il lui demande: "soutiens bien mes efforts", la foule est prise à témoin avec les "vassaux". Le mot "vassaux" renvoie à l'univers féodal.

figaro utilise plusieurs termes qui montrent l'unité de cette foule. Il  leur demande: "joignez-vous", ce qui symbolyse l'union et les appelle ses "amis". Figaro utilise en plus un impératif et la didascalie montre le chorus obtenu de la foule entière: "tous ensemble". Les pronoms "ovus à moi" montrent le caractère révolutionnaire de cette foule, Figaro a rassemblé la foule pour faire plier le maître.

On remarque également l'unité d'habillement, ils sont tos en blanc comme des anges reprsantant le bien.

C'est une réelle preuve d'habileté que nous montre Figaro dans la mise en scène de cette manifestation.

 

2/L'apparence: un hommage à un maître parfait

Figaro se présente comme un valet parfait, ce qui est un succès pour son maître. Il a mené ici la foule pour glorifier son maître avec respect. Il fait donc l'éloge de son maître, en l'appelant un "si bon maître", il énumère ensuite les vertus, la "sagesse", la "pureté" et utilise même des intensifs comme "un éloge que vous méritez si bien". On observe une soumission dans cette relation maître-valet, Figaro utilise ainsi les titres ("Monsieur le Comte" et "Monseigneur") et le vouvoiement ("votre") pour s'adresser à son maître. Les cris de la foule et les "vassaux" semblent montrer la popularité du Comte. Ils ont tous une dette, de la reconnaissance et de la gratitude envers leur maître à cause "de l'abolition d'un droit fâcheux". Il s'agit en fait bien entendu de la dette personnel de Figaro et le caractère obséquieux traduit l'ironie du valet.

 

3/Le piège

La situation semble sans issue pour le comte, Figaro est allé chercher une foule de témoins pour authentifier le comte, il ne peut donc rien faire, l'adverbe "publiquement" lui interdit d'ailleurs de mentir. Il force son adversaire à cesser de courtiser Suzanne en lui parlant de sa "sagesse" et de son "honneur" qui ont su la "préserver". Le comte doit même reconnaître le mariage et Figaro souhaite qu'il "recoive de votre main" sa fiancée. Les personnages peuvennt donc se venger et la didascalie montre l'ironie de Figaro "malignement". Avec la flatterie abusive "un si bon maître", il nous montre qu'il veut que le comte soit conscient de cette ironie, cette phrase est d'ailleurs une antithèse, le comte n'est PAS un bon maître. En parlant de la "beauté" de Suzanne et de la grandeur du sacrifice du Comte, il l'attaque un peu plus. Suzanne en profite elle-aussi puisqu'elle lui dit "ne vantons que vos mérites" , la Comtesse, elle tâche avec l'imparfait "aviez" de lui rappeler qu'elle est oubliée: "l'amour charmant que vous aviez pour moi".

 

Derrière l'apparence de fête, il s'agit donc d'un assault général contre le Comte. Celui-ci se trouve isolé, il ne peut que céder.

 

 

La réaction du comte et sa défaîte

 

1/Le Comte est embarassé

Le Comte vient de se trahir auprès de Chérubin et d'apprendre que celui-ci tente de séduire sa femme, il est donc piqué sur le vif. La didascalie montre son embarras: "embarassé", "à part". Il interrompt en plus Figaro à deux reprises: "votre amour pour Madame..." et "à jamais le souvenir...".

 

2/La reprise apparente

Le Comte va cependant tenter une reprise, il minimise donc l'importance du geste et entre dans le jeu de Figaro: "l'acquit d'une dette envers l'honnêteté". Avec la restriction "que" et l'"honnêteté"  caractéristique des nobles, il nous oppose deux figures du maître. ce maître rappelle en plus les principes féodaux, il est un "noble castillan" et se permet d'"exiger" au "servile". Il ne se donne en fait pas le droit d'exiger mais simplement celui de courtiser Suzanne.

 

3/Le Comte est conscient de sa défaîte

Le Comte n'est cependant pas dupe du jeu de figaro, il le lui dit clairement "tu te moques". Mais cette lucidité ne lui sert pas et il est défait. Il l'admet donc: "je suis pris" et déclare: "c'est à ce titre que je me rends". En réponse à cet avoeu, la foule se contente de hurler "Vivat".

 

4/Le Comte se ressaisit

Le Comte est un adversaire de taille pour figaro et, bien qu'il admette avoir ici été pris au piège, il a pour premier objectif de repousser le mariage: "qu'on la remit à tantôt". La condition d'affirmation est atténuée par l'adverbe "seulement" et le conditionnel "je voudrais". Il a bien entendu son plan, "Faisons vite chercher Marceline".

 

Conclusion

Premier affrontement Maître-Valet, cette scène est donc pour Figaro l'occasion de se servir de la foule pour faire plier le comte. Cette foule est la véritable originalité de cette scène, Beaumarchais, via Figaro, fait venir une foule entière sur scène, cette masse populaire va cependant être berné par Figaro, tout comme le comte sa principale victime.