Acte I, scène 2:
cette scène
est la conséquence directe de l'acte 1, scène 1.
Grâce au
monologue, le spectateur connaît la pensée et les sentiments de Figaro alors
que celui-ci devait retenir sa réaction devant Suzanne.
figaro
évacue tous ses sentiments violents, pour lui, ces paroles sont libératrices,
il est encore sous le choc des révélations de Suzanne.
Le plan du texte:
l 1-2:
Figaro, amoureux fait un "éloge" de Suzanne
l 3-19: Le règlement de compte
l 19-26: La
stratégie de Figaro
Figaro amoureux
Depuis le
barbier, Figaro a rajeuni, d'où sa frivolité.
Son amour
est caractérisé par une énumération d'adjectifs en rythme ternaire: "riante, verdissante, pleine" suivie
de quatre compléments en gradation: "de
gaieté, d'esprit, d'amour et de délices". Tous ces termes sont
laudatifes, ils sont renforcés par une assonance en "an" et une
allitération en "d": "la
charmante fille ! toujours riante, verdissante, pleine de gaité, d'esprit, d'amour, de délices"
.
L'enthousiasme
de figaro est donc marqué par le rythme de la phrase; et le portrait élogieux
de Suzanne trouve une forme de chute dans le "mais sage" final. On observe d'ailleurs des phrases nominales
propres à brosser un portrait: "la
charmante fille !".
Suzanne est
donc "charmante", Figaro
nous rappelle ainsi son pouvoir de séduction; son personnage est complet, d'où
l'envie de Figaro, 2 adjectifs se rapportent ainsi à l'adverbe "toujours":
- "verdissante": la jeunesse de
Suzannne
- "riante": elle aime et profite de la
vie
La "gaieté" de Suzanne se rapporte
également à sa jeunesse et à sa joie de vivre.
Elle est en
plus intelligente, "pleine d'esprit",
ce qui nous donne une image intéressante du couple, un couple réfléchi, d'où la
chute finale sur le "sage"
qui montre sa vertu.
Le pouvoir
de séduction est également rapporté par l'"amour" et les "délices"
de Suzanne.
Le monologue
enchaîne avec "...", après avoir évoqué les vertus de Suzanne dont la
sagesse, Figaro s'en prend au comte.
Le règlement de comptes
Dans
l'esprit de Figaro, le comte chasse Suzanne de sa vie.
Pour lui, le
vrai responsable, c'est le comte, un personnage important, d'où le déséquilibre
par rapport à Bazile. On remarque à travers ce monologue un jeu des pronoms
puisque Figaro vouvoie ("vous ne
l'aurez pas") le Comte mais tutoie ("pour toi") Bazile.
L'apostrophe
"ah Monseigneur !" appelle
le "Monsieur le Comte"
suivant.
La violence
de Figaro est traduite et par l'interjection "ah" et par son ironie: "mon cher". Figaro a besoin de se libérer. De plus, Figaro
commence par poser deux questions, une directement et l'autre indirectement au
Comte.
1/ Figaro se rend compte de la duperie
Figaro est
trahi, on lui offre la tromperie: "vous
voulez m'en donner...à garder", il pensait qu'un cadeau aurait été
justifié. Cependant, il est lucide, "je
cherchais", il s'était posé des questions.
Figaro se
pose des questions, d'où le changement dans l'énonciation et le passage à un
temps antérieur: "m'ayant donné...il
m'emmène", il n'y a plus de concordance des temps. Le présent est
ainsi rendu plus vigoureux, il y a un jeu d'opposition qui montre le paradoxe
dont est victime Figaro, on le stabilise au château puis on le déplace
brutalement: "m'emmène...m'établit",
la grammaire trdauit d'ailleurs bien cette idée.
Mais Figaro
prend conscience de sa duperie, il "entend",
il avait besoin d'évacuer la colère due au machiavellisme du Comte. Plus la
colère habite Figaro, plus il a besoin de continuer.
2/Le dupé redistribue les rôles
Figaro
sépare les trois personnages et parle de "trois promotions", c'est la distribution des rôles de la part
du Comte.
Le comte
devient "compagnon ministre",
un poste positif alors que Figaro est "casse-cou
politique", ce qui une fois de plus nous montre son rôle de victimes.
Le rôle de suzanne est donné en deux temps, elle est apparemment "dame du lieu" (ce qui nous montre
implicitement qu'elle appartient aux deux hommes) et, en faite, "ambassadrice de poche", son vrai
rôle: maîtresse du comte.
Dans la
métaphore "fouette courrier",
le comte se montre prêt à taper sur le cheval pour éloigner Figaro qui reste
ironique devant la cruauté du comte.
Il marque
ensuite une opposition "d'un
côté...de l'autre" pour dire qu'il s'est fait avoir. La phrase a une
structure en chiasme avec le jeu des pronoms "je...vous...ma". Les mêmes éléments sont repris à contrario,
d'un côté Figaro se fatigue pour le comte, de l'autre, le Comte le trompe en
lui prenant Suzanne
Figaro est
indignée, d'autant plus qu'il a une tâche ingrate: "galope...crottant...échinant".
Avec le
conditionnel "vous feriez",
iréel du présent, il montre l'abus du comte, le "joli chemin" que Suzanne ferait est la marque même de cet
abus.
Il oppose en
plus les deux familles avec "la
gloire" du comte et la perte pour Figaro qui ne peut plus voir
Suzanne. Figaro se saigne avec altruisme pour servir le comte et li abuse de
Suzanne. Figaro achève avec une antithèse: "quelle douce réciprocité".
3/Figaro refuse l'abus
Il n'est
plus dupe et s'insurge: "mais
Monseigneur, il y a de l'abus".
La force du
mot "abus" appelle les
"trop" qui viendront ensuite.
Figaro
s'insurge contre son double rôle, d'où le jeu de mot: "faire...affaires", le comte
travaille en effet pour le roi mais, d'un autre côté, il berne Figaro avec
l'amour de Suzanne.
La métaphore
du double rôle est filée, puisqu'il parle de la représentation du "roi et moi", ou encore de la "moitié". Cette éloquence populaire
avec le repect pour la "cour
étrangère" nous montre la révolte, le refus du valet Figaro.
La stratégie du valet
1/Figaro s'oppose à Bazile
Il règle son
compte au complice et se sent trahi. Figaro estime bazile comme son
inférieur"mon cadet", il le
tutoie, "pour toi Bazile".
S'opposant à
un homme populaire, il est prêt à se battre, "je veux..." et utilise un vocabulaire plus bas et plus
familier: "clocher...boîteux".
Onobserve un paroxysme, figaro est allé jusqu'au bout de l'énervement, il est
maintenant capable de se maîtriser et se parle à lui-même: "dissimulons".
2/La Mise en place
L'absence
des personnages a permis la franchise. Figaro se reprend, "non, dissimulons" et s'encourage à
aller vers l'hypocrisie, il s'y invite "taire désormais".
Il veut
détruire ensemble les opposants, les "enferrer".
figaro s'exclame "Attention sur la
journée" pour montrer sa détermination et l'importance qu'il accorde à
ces événements.
3/La Stratégie
Figaro
explique que le temps est compté: "La
journée", il veut en plus "avancer
l'heure".
Figaro veut
d'abord écarter ses adversaires, "Marceline"
tout d'bord dont il est pour la première fois question (exposition) puis le
comte (Monsieur le Comte) et enfin
Bazile. Il veut également empocher "l'or
et les présents" du comte.
On remarque
toujours le mépris envers Bzile puisqu'il veut "l'étriller".
La
juxtaposition est très présente dans la phrase, la réflexion est rythmée. Avec
l'infinitif ("écarter"), Figaro
montre l'aspect militaire de sa stratégie.
Conclusion
Cette scène
complète donc l'exposition puisqu'on y apprend:
- Que
Marceline aime Figaro
- La
stratégie du Comte vers londres
- La
personnalité de Figaro
- Un
portrait de Suzanne
La fonction
du monologue est utilisée, une complicité entre le narrateur-acteur et le
spectateur s'établit. Devant l'abus du Comte, le valet se révolte contre son
maître.